Maupassant, “L’inutile beauté” (1890)

La comtesse de Mascaret, hautaine, dédaigneuse de son jaloux mari, qui s’impose pour l’accompagner au bois.

I like this description: “Ils montaient maintenant les Champs-Élysées, vers l’Arc de Triomphe de l’Étoile. L’immense monument, au bout de la longue avenue, ouvrait dans un ciel rouge son arche colossale. Le soleil semblait descendre sur lui en semant par l’horizon une poussière de feu. Et le fleuve des voitures, éclaboussées de reflets sur les cuivres, sur les argentures et les cristaux des harnais et des lanternes, laissait couler un double courant vers le bois et vers la ville.”

He is a brute. She was forced to marry him by her parents, for his money. She’s never liked him, let alone loved him. “Vous m’avez donc achetee.” She tells him she’ll confess her feelings. Her name is Gabrielle. She is three months out from her last child. Her seventh. Three boys, four girls, the oldest is 10. He wants yet another. She is married 11 years, she’s 30. She, like a Wharton heroine, “ne veux plus être la victime de l’odieux supplice de maternité que vous m’imposez depuis onze ans ! je veux vivre enfin en femme du monde, comme j’en ai le droit, comme toutes les femmes en ont le droit.” Because as soon as she began to be devoted to him, to play the part of the loving wife, “vous êtes devenu jaloux, vous, comme aucun homme ne l’a jamais été, d’une jalousie d’espion, basse, ignoble, dégradante pour vous, insultante pour moi.” Impregnating her was his way of keeping her from other men. She didn’t realize it at first, “puis j’ai deviné. Vous vous en êtes vanté même à votre sœur, qui me l’a dit, car elle m’aime et elle a été révoltée de votre grossièreté de rustre.” [How repulsive: she’s right to rebel.]

And this devastating passage: “Ah ! rappelez-vous nos luttes, les portes brisées, les serrures forcées ! À quelle existence vous m’avez condamnée depuis onze ans, une existence de jument poulinière enfermée dans un haras. Puis, dès que j’étais grosse, vous vous dégoûtiez aussi de moi, vous, et je ne vous voyais plus durant des mois. On m’envoyait à la campagne, dans le château de la famille, au vert, au pré, faire mon petit. Et quand je reparaissais, fraîche et belle, indestructible, toujours séduisante et toujours entourée d’hommages, espérant enfin que j’allais vivre un peu comme une jeune femme riche qui appartient au monde, la jalousie vous reprenait, et vous recommenciez à me poursuivre de l’infâme et haineux désir dont vous souffrez en ce moment, à mon côté. Et ce n’est pas le désir de me posséder – je ne me serais jamais refusée à vous – c’est le désir de me déformer.”

He reasserts himself physically as the carriage takes them to the park, forcibly, telling her he’s the master and the law is on his side. It’s domestic violence, pure and simple: “Vous voyez bien que je suis le maître, dit-il, et le plus fort.”

He agrees to her proposition to go to a church. They turn around. And then she tells him: one of the seven children is not his. It was her “unique vengeance” against him, “contre votre abominable tyrannie de mâle, contre ces travaux forcés de l’engendrement auxquels vous m’avez condamnée. Qui fut mon amant ? Vous ne le saurez jamais ! Vous soupçonnerez tout le monde. Vous ne le découvrirez point. Je me suis donnée à lui sans amour et sans plaisir, uniquement pour vous tromper. Et il m’a rendue mère aussi, lui. Qui est son enfant ? Vous ne le saurez jamais. J’en ai sept, cherchez ! Cela, je comptais vous le dire plus tard, bien plus tard, car on ne s’est vengé d’un homme, en le trompant, que lorsqu’il le sait. Vous m’avez forcée à vous le confesser aujourd’hui, j’ai fini.”

He spares her the beating she expected. Dinner. He examines his children “avec des yeux incertains qui allaient d’une tête à l’autre, troublés d’angoisses.” She swears the truth of what she said. In bed later, knowing he’s coming, she hides a gun. “Elle attendait, énergique et nerveuse, sans peur de lui maintenant, prête à tout et presque triomphante, car elle avait trouvé pour lui un supplice de tous les instants et de toute la vie.” But he doesn’t show. He tells her by letter he’s going on a long trip.

Suddenly, we get part III.

I love it. But it breaks the dramatic flow of the story entirely. It’s a socio-philosophical disquisition between two men. (Men, of course: the irony.) It’s a great exchange, but does it belong in such a raw form?

At the opera, a few years later (actually, six) two men gossip about the couple, seeing her radiant, having seen Mascaret worried, getting old. The men are Bernard Grandin and Salinas. But one of the men, Salins, has a social conscience, pitying woman. Why? “Pourquoi ? Ah ! mon cher, songe donc ! Onze ans de grossesses pour une femme comme ça ! quel enfer ! C’est toute la jeunesse, toute la beauté, toute l’espérance de succès, tout l’idéal poétique de vie brillante, qu’un sacrifice à cette abominable loi de la reproduction qui fait de la femme normale une simple machine à pondre des êtres.” The other guy says it’s “la nature.” But the conscious one persist: “Oui, mais je dis que la nature est notre ennemie, qu’il faut toujours lutter contre la nature, car elle nous ramène sans cesse à l’animal.” It’s a humanist speech, rejecting god and honoring mankind.

Back to the couple, as they return home from the opera (just as in all TV shows: the conversation in the car), but there’s nothing humanistic about Mascaret’s begging of his wife to reveal who the odd child is. He says he’s been going crazy all these years trying to figure it out. “Est-ce que j’aurais accepté, sans cela, l’horreur de vivre à votre côté, et l’horreur, plus grande encore, de sentir, de savoir parmi eux qu’il y en a un, que je ne puis connaître, et qui m’empêche d’aimer les autres.” But isn’t that cruel? How is the fact that he’s not the biological father stopping him from being a father? The limits of enlightened thinking, even by Maupassant.

Even worse: he tells her he didn’t kill her six years before not because it’s morally wrong, because it would orphan the children, but because he would have never found out who his non-biological child is. This is awful. So is this: “J’ai attendu, mais j’ai souffert plus que vous ne sauriez croire, car je n’ose plus les aimer, sauf les deux aînés peut-être ; je n’ose plus les regarder, les appeler, les embrasser, je ne peux plus en prendre un sur mes genoux sans me demander : « N’est-ce pas celui-là ? »”

Then she doubles down with their awfulness, telling him she never lied, she never cheated on him, they’re all his. And he triples down: how is he going to trust her at all, from now on? How can he not continue to doubt? She tells him had she not lied she’d have continued to make babies, but, she says, triumphantly, “Je suis, nous sommes des femmes du monde civilisé, monsieur. Nous ne sommes plus et nous refusons d’être de simples femelles qui repeuplent la terre.” [This is a fantastic story for Alabama legislators]

Then Maupassant gives Mascaret this epiphany, as he finally believes his wife: “Alors, il sentit soudain, il sentit par une sorte d’intuition que cet être-là n’était plus seulement une femme destinée à perpétuer sa race, mais le produit bizarre et mystérieux de tous nos désirs compliqués, amassés en nous par les siècles, détournés de leur but primitif et divin, errant vers une beauté mystique, entrevue et insaisissable. Elles sont ainsi quelques-unes qui fleurissent uniquement pour nos rêves, parées de tout ce que la civilisation a mis de poésie, de luxe idéal, de coquetterie et de charme esthétique autour de la femme, cette statue de chair qui avive, autant que les fièvres sensuelles, d’immatériels appétits.
L’époux demeurait debout devant elle, stupéfait de cette tardive et obscure découverte, touchant confusément la cause de jalousie ancienne, et comprenant mal tout cela.”

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